Un élève engagé à  se relever d'un grave accident et faire preuve de toute la détermination et l'acharnement dont il est capable

Il suffit de bien peu de choses, de bien peu de temps, pour qu’une vie bascule. En mars 2012, Steven McAllister, garçon énergique de 12 ans, passionné de hockey, élève de 1re secondaire à  l’école de la Seigneurie, l’a appris à  ses dépens. En pleine partie, sous le regard stupéfait de ses parents, une rupture d’anévrisme imprévisible au cerveau vient le foudroyer sur le banc de son équipe. Le garçon est inerte, ne revient pas à  lui. Les médecins sont unanimes et pessimistes. Ils n’y peuvent rien : Steven va partir dans les prochaines heures. Mais le jeune homme est un battant. Contre toute attente, il s’accroche, subit des opérations et s’en sort. Puis s’amorce un long combat pour reconquérir son corps et reprendre ses études. Steven est un véritable miraculé!

« Cette fameuse journée, je me suis réveillé avec un mal de tête inhabituel. Plus la journée avançait, plus j’avais mal. Je suis allé à  ma partie de hockey, mais à  un certain moment, je n’en pouvais plus et je suis rentré au banc en demandant un changement. Puis j’ai perdu la carte. Je me suis réveillé 20 jours plus tard en me demandant où j’étais et avec tout le côté gauche de mon corps complètement paralysé », raconte Steven avec un calme étonnant et une voix assurée.

Cette rupture d’anévrisme, l’adolescent maintenant âgé de 15 ans la doit à  une malformation artérioveineuse qui attendait tranquillement le moment de faire sentir sa présence. « D’ordinaire, pour un enfant de 12 ans, un tel accident est fatal », fait valoir avec émotion Louise Tardif, la mère de Steven. « Les médecins avaient même commencé à  nous parler du don d’organes. Il a fait mentir les pronostics. »

Après 20 jours de coma artificiel, quatre opérations majeures et trois mois aux soins intensifs, un autre dur combat attendait Steven : une longue période de réhabilitation au cours de laquelle il devait réapprendre à  parler, à  manger, à  marcher… à  être autonome. Les prévisions étaient plus ou moins bonnes. On disait qu’il ne remarcherait plus. Une fois de plus, il a fait mentir les médecins.

« J’ai passé quatre mois dans un centre de réadaptation, où j’ai fait ce qu’il fallait pour progresser. J’en ai même profité pour reprendre les études. Un enseignant venait me voir régulièrement et je faisais mon rattrapage. Je ne voulais pas prendre de retard, et je suis d’ailleurs parvenu à  éviter cela. Mon moral a toujours été très bon. Le plus difficile pour moi, encore aujourd’hui, est d’avoir eu à  faire une croix sur le hockey », confie Steven.

Depuis ce temps, le garçon ne cesse de progresser. Il a repris le contrôle de son bras gauche, marche sans autre assistance qu’une prothèse, et a remplacé le hockey par la natation, un sport qui l’a grandement aidé et dans lequel il se distingue de plus en plus. À un point tel que son entraîneur veut le faire participer à  des compétitions.

À l’école, Steven met encore les bouchées doubles. Depuis son accident, il a dû partager son temps entre la réadaptation et les études, ce qui l’oblige à  fréquenter plus souvent que les autres les périodes de récupération, à  avoir recours à  une enseignante-ressource et aussi à  obtenir de l’aide d’autres élèves. Mais il est ainsi parvenu à  ne pas prendre de retard dans ses années scolaires et a maintenant atteint la 4e secondaire. Bien qu’il ait encore certaines difficultés, surtout en mathématiques (sa bête noire), car il se fatigue plus rapidement qu’avant et que sa concentration en souffre, il ne lâche jamais, ne se plaint pas et fait preuve d’une force de caractère hors du commun.

Quand on lui demande comment il voit la vie aujourd’hui, son visage s’éclaire. « Je crois que je suis plus heureux qu’avant. Je m’en fais moins avec les banalités. Je profite des moments en famille, avec mes amis. C’est certain que le hockey va toujours me manquer, mais je regarde en avant et je persévère », conclut Steven avec une grande maturité.