Stéphane Garneau
Centre de services scolaire de Laval
Un intervenant engagé à créer un lien de confiance avec tous les élèves de l'école et à les aider à cheminer vers le monde adulte
Il y a 10 ans, quand Stéphane Garneau a été embauché par l’école secondaire Pierre-Laporte pour devenir le responsable du local des expulsions de classe, le technicien en éducation spécialisée en lui y a vu une occasion en or de vivre le quotidien des élèves. Rapidement, c’est l’école en entier qui est devenue son terrain d’intervention. À l’entrée des élèves le matin, dans les corridors lors des pauses, à la cafétéria sur l’heure du midi ou dans les vestiaires à la sortie des classes, il saisit toutes les occasions pour dire bonjour aux élèves, leur lancer des blagues, taper dans des mains et s’informer d’un examen. Ce n’est pas pour rien que Stéphane connaît tous les élèves par leur prénom.
« J’ai commencé ma carrière dans une école primaire où il y avait un petit garçon qui était constamment en crise et en réaction par rapport à l’autorité. Sauf avec une seule personne : M. Philippe. Quand un jour je lui ai demandé pourquoi la seule personne qu’il écoutait était M. Philippe, il m’a dit que c’était le seul adulte qui lui disait « Allô » dans les corridors! Cela a été comme une révélation », raconte Stéphane Garneau pour expliquer sa vision d’une saine relation avec les jeunes de l’école.
En bâtissant avec les élèves une proximité axée sur la confiance, le respect et un intérêt évident quant à leur vie, l’intervenant a rapidement gagné en crédibilité. Le local où il accueillait les élèves turbulents est plutôt devenu un lieu de rencontre et d’échange ouvert à tous. Au fil des ans, Stéphane a ainsi pris de plus en plus de place dans le quotidien des jeunes et dans leur réussite. Il a notamment mis sur pied une structure de gestion des absences et de gestion des retards, tout en contribuant à l’élaboration d’un protocole d’intervention contre la violence et d’un plan de lutte contre l’intimidation.
Stéphane avoue d’emblée n’avoir aucune tolérance pour toute forme d’intimidation. Il lui est arrivé de lever le ton fermement en assistant à certaines scènes d’intimidation. Comme il dit, il y a toujours de la place pour l’écoute et la compréhension, mais il faut parfois se montrer intransigeant. « Nous tentons de détecter les cas d’intimidation rapidement, et cela nous réussit. Un père m’a appelé un jour pour me dire que c’était la première fois depuis très longtemps qu’il voyait son garçon revenir heureux de l’école. Il avait été victime d’intimidation depuis le début de son primaire », indique Stéphane.
Pour mieux connaître ses jeunes, il s’implique dans de nombreuses activités, dont les spectacles de fin d’année, les voyages-récompenses et certaines activités sportives. « C’est bien de s’intéresser aux élèves qui ont besoin qu’on les écoute davantage, mais je veux aussi voir les autres, ceux qui vont bien, qui s’impliquent dans la vie étudiante. Cela me permet de les découvrir sous un autre jour. On ne peut pas faire semblant de s’intéresser véritablement aux jeunes. Si tu sonnes faux, ils le détectent et ne te font pas confiance. »
Stéphane est considéré par ses pairs comme un intervenant talentueux, persévérant et rigoureux, et ils sont nombreux à confirmer que son rôle au sein de l’école est essentiel dans le développement des adolescents. « Il prend le temps de bien connaître les jeunes qui se retrouvent sous sa responsabilité et, employant autant de compassion que de fermeté, il ne lésine pas sur les efforts nécessaires pour les amener à cheminer, à devenir une meilleure version d’eux-mêmes », témoigne Robert Cadieux, un enseignant de français.
Les principaux concernés n’hésitent pas à vanter l’importance de la présence de Stéphane à l’école. Il n’est d’ailleurs pas rare pour l’intervenant de recevoir des messages d’élèves qui le remercient de les avoir accompagnés dans leur cheminement. « Il inspire le respect et il veut le bien de tous les élèves de l’école. Je pense qu’il y aurait beaucoup moins de décrochage si plus de personnes dans le système scolaire avaient ses qualités », avance Thibaut Soto-Paul, un élève de 5e secondaire.