C’est fou tout ce que l’on peut apprendre en usant nos pantalons sur les bancs d’écoles. Et quand vous êtes en mesure de compléter vos apprentissages en expérimentant la vie en allant à  la rencontre des gens, la combinaison est parfaite. C’est en tout cas ce qu’ont cru les enseignants du Pavillon Laure-Gaudreault de l’école secondaire des Pionniers en mettant sur pied, il y a trois ans, le projet de Souper Casino que pilotent depuis, avec l’aide des enseignants, tous les élèves de 3e secondaire. Une sorte d’aventure para-académique complète, concrète et surtout… enrichissante!

« Nous avions le goût de quelque chose de différent, d’apporter du changement dans le programme de nos jeunes et de leur permettre de se réaliser à  travers un projet motivant et gratifiant », explique Julie Spingola-Jobin, enseignante d’anglais langue seconde et l’une des initiatrices du projet.

Ainsi, pendant toute une semaine de décembre, les cours sont entièrement suspendus pour faire place à  la planification et à  la préparation du projet. Alors, les quelques 75 étudiants qui composent la 3e année du secondaire réunissent leurs compétences personnelles et amorcent une course contre la montre qui les conduira à  tenir leur événement le jeudi suivant. Un tout petit six jours pour être fin prêt et accueillir parents et autres membres de la communauté. Imaginez un peu les prouesses que doivent réaliser tous ces jeunes — inexpérimentés dans l’organisation d’une telle activité — afin de respecter leurs échéanciers et ainsi accueillir, comme ce fut le cas le 18 décembre dernier, plus de 120 convives.

Afin de relever le défi, les élèves sont divisés en trois groupes principaux : cuisine, casino et logistique. Guidés ensuite par le personnel de l’école, ils apprennent les rudiments du métier et se lancent. Ajoutez à  cela les visites préparatoires dans les écoles d’hôtellerie et même au Centre des congrès, ou encore les formations aux croupiers, sans oublier, bien entendu, la conférence de sensibilisation sur les dangers du jeu. Cette conférence, ils l’ont à  leur tour reprise le soir de l’événement sous forme de dépliants et de capsules de sensibilisation pour les adultes. Certains vont même jusqu’à  préparer des décors et des prestations artistiques afin d’agrémenter la soirée.

« Je ne m’attendais pas à  me retrouver en cuisine, mais ça m’a permis de découvrir quelque chose de nouveau », relate Lauréanne Fleury-Dufour. « Il fallait tout apprendre en plus de devoir agir rapidement. Surtout la journée du 18 où nous avons fait deux services d’au moins 60 couverts chacun. Le projet a été bénéfique pour moi car je viens tout juste de me trouver un emploi dans un restaurant. Mon expérience m’a sûrement aidée », ajoute fièrement la jeune fille.

« Le plus agréable, c’est que tout le monde y trouve sa place », témoigne pour sa part Dominic Rivest, un élève participant. « Si on veut que ça marche, on a pas le choix de s’impliquer et ça, ça devient hyper motivant. »

« Justement, enchaîne Benoît Verret, enseignant en mathématiques et responsable du projet, la marge de manœuvre laissée aux élèves favorise grandement le développement de leur autonomie, de leur créativité ainsi que de leur sens des responsabilités. Notre objectif principal à  travers cette activité est d’actualiser le pouvoir d’agir des élèves et de leur permettre de mener à  terme un projet qui les mobilise et qui leur tient à  cœur .»

Voilà  d’ailleurs un pari gagné car à  écouter discourir les étudiants à  propos de cette expérience, nul doute qu’ils y ont mis tout leur cœur. « Ce n’est pas compliqué, reprend Julie Spingola-Jobin, le succès d’un tel projet dépend directement de la synergie d’action de nos jeunes. La persévérance des élèves, leur implication, leur goût du dépassement ainsi que leur optimisme leur permet de surpasser les attentes et de présenter un événement festif de belle qualité. »