SkateNorm
Centre de services scolaire de Laval
Des élèves engagés à favoriser leur réussite scolaire et la pratique de la planche à roulettes
Quand six jeunes élèves des classes d’adaptation scolaire de la Polyvalente de Normandin se sont lancés dans le projet d’aménager un parc pour pratiquer la planche à roulettes, ils étaient loin de penser que leur idée prendrait autant d’ampleur. Au départ, leur concept prévoyait des installations sommaires pour pratiquer leur sport. Au fil de leurs démarches, des adultes et d’autres jeunes y ont cru jusqu’à en faire un projet d’envergure dont les retombées dépassent largement la cour d’école et dont toute la ville de Normandin profitera. Leurs alliées : leur éducatrice spécialisée, l’école et la Maison des jeunes. L’initiative de jeunes qui souhaitaient avoir un espace aménagé et sécuritaire pour pratiquer leur sport est ainsi devenue l’entreprise de toute une communauté. Ce faisant, ils persévèrent à l’école et roulent sur la voie de la réussite.
L’idée a commencé à germer à la suite d’une présentation de l’initiative Passe à Go, qui verse des subventions aux projets susceptibles de bonifier la vie dans les écoles du Québec. Leur municipalité étant la seule du secteur à ne pas être équipée de ce type d’installation, les six jeunes mordus de planche à roulettes ont vu en cette subvention l’occasion parfaite de pallier ce manque. Eux qui s’adonnaient à leur sport dans les stationnements, au grand dam des commerçants de la région, souhaitaient ainsi décrocher ce financement pour aménager une simple rampe de planche à roulettes leur permettant de pratiquer leur sport de façon sécuritaire. Leur enseignante, madame Isabelle Martel, a trouvé leur idée excellente. Une bonne façon de garder « ses jeunes » motivés…
La première démarche a aussi été la plus difficile : trouver un terrain où installer cette rampe. C’est que les terrains appropriés pour ce genre d’installation ne sont pas légion! « Nous sommes passés à un cheveu de laisser tomber », explique madame Martel. Or, l’échec était difficilement envisageable puisque ce projet émane de jeunes qui vivent avec des difficultés d’apprentissage, trop souvent confrontés à des résultats infructueux malgré leurs efforts. « Avec un dernier espoir, je suis allée voir le maire. Il m’a suggéré de travailler en partenariat avec la Maison des jeunes parce que nous côtoyons les mêmes clientèles », affirme madame Martel. Plus forts de cette association, les membres du comité SkateNorm se sont vu confier un terrain à deux pas de l’école. Les responsables de la Maison des jeunes ont alors proposé d’investir dans des installations sécuritaires et durables. Le projet est ainsi passé d’une seule rampe à plusieurs structures, et d’un investissement de 500 $ à plus de 40 000 $.
Les jeunes ont mis en branle des activités de financement et recueilli des dons pour financer le projet. Ils sont d’ailleurs agréablement surpris de la réponse du milieu et de la confiance des adultes à l’égard de leur projet. Commerçants, congrégation religieuse, entreprises et particuliers : toute la communauté encourage cette initiative et participe à sa réalisation. « C’est un projet rassembleur qui nous demande beaucoup de travail et d’organisation, mais nous sommes super motivés », disent les jeunes. Ensemble, ils y consacrent de 6 à 10 heures par semaine depuis déjà plusieurs semaines. Ce faisant, ils progressent dans leurs matières solaires, notamment en mathématiques et en français.
Retrouver la motivation nécessaire à l’école, regagner confiance en eux et prendre conscience que leur détermination et leur persévérance peuvent les mener très loin, voilà ce que les jeunes auront gagné, en plus d’une installation sportive de qualité. « Pour des élèves en adaptation scolaire qui vivent souvent des échecs, c’est motivant et aussi rassurant de constater qu’on est capables de rendre un projet à terme, affirment-ils. Nous relevons des défis que nous n’aurions jamais soupçonné pouvoir relever. Pour nous, c’est une des plus belles réussites que nous n’ayons jamais eues. » Ils caressent d’ailleurs le rêve de voir les cours d’éducation physique intégrer ce sport à l’horaire, tout comme celui d’organiser des compétitions régionales et provinciales. Pourquoi pas? Tous les rêves sont désormais permis!