Un élève engagé à  rattraper son retard scolaire en surmontant sa timidité et en s'impliquant dans le parlement étudiant

Ils sont plus nombreux qu’on l’imagine, ces jeunes qui atteignent l’âge d’entrer à  l’école secondaire mais qui, pour une raison ou une autre, n’ont pas acquis les connaissances nécessaires pour affronter cette nouvelle étape de leur vie. Puis finalement, le déclic se fait. Certains émergent, se distinguent, s’épanouissent et finissent par émerveiller leurs enseignants et leur entourage. Parmi ces jeunes, il y a Samuel Bernier-Guillemette, un élève de 14 ans de l’école secondaire Louis-Jacques-Casault, à  Montmagny, qui après avoir vécu un désintérêt total pour l’école, trouve enfin à  travers son implication scolaire la motivation nécessaire pour rattraper son retard et démontrer tout son potentiel.

Enfant très timide, Samuel n’a jamais vraiment trouvé sa place dans le système scolaire. Puis il y a eu la séparation de ses parents. Rien pour améliorer sa motivation. Quand il a dû passer à  l’étape du secondaire, sa nouvelle école l’a accueilli dans une classe en cheminement particulier. Il faut savoir que Samuel cumulait au minimum deux ans de retard dans toutes ses matières. Curieusement, ce changement, plutôt que de le perturber, lui a fait le plus grand bien.

« Avant, je n’avais vraiment aucun intérêt pour l’école. J’y allais, mais je n’avais aucune motivation et je ne faisais rien. Au secondaire, j’ai découvert un nouvel environnement et j’ai rencontré des gens qui m’ont aidé et qui m’ont donné confiance en moi. Cela a tout changé », raconte le jeune homme.

Dans les 20 derniers mois, Samuel s’est mis à  travailler avec plus d’ardeur et à  rattraper son retard. En cette année scolaire 2014-2015, il est sur une excellente lancée pour finir deux années en une et ainsi obtenir tous ses acquis de niveau primaire.

Ce nouvel esprit combatif, l’élève n’hésite pas à  le lier directement à  son implication parascolaire. « J’ai toujours été beaucoup trop timide et je savais que le temps était venu pour moi de sortir de ma coquille. J’ai eu l’opportunité de m’impliquer dans l’équipe technique de l’école, qui travaille lors de différents événements comme Secondaire en spectacle. Cela a eu un impact majeur sur ma motivation à  l’école », indique Samuel, qui a aussi participé comme figurant, l’an dernier, à  une pièce de théâtre montée par les élèves.

Cette année, il a fait un autre pas de géant pour vaincre sa timidité. Il a démontré son intérêt pour devenir ministre au parlement étudiant, puis a été élu à  ce poste. Il représente donc les élèves des classes de cheminement particulier et participe à  l’organisation de différentes activités.

Fort de cette nouvelle assurance, Samuel est aussi devenu un porte-parole : au nom de son groupe, il a présenté un projet devant le conseil d’administration de la Fondation Louis-Jacques-Casault afin d’obtenir du financement pour une activité de maillage avec des jeunes d’une école secondaire de Portneuf.

« Cela fait 12 ans que j’enseigne dans des classes en cheminement particulier, et je dois avouer que Samuel représente un cas exceptionnel. Il est le type d’élève que tous les enseignants rêvent d’avoir. Il a une attitude positive, travaille fort et aide ses collègues sans compter son temps », témoigne Catherine Couture, l’enseignante de Samuel depuis deux ans.

Cette appréciation enthousiaste à  l’égard du jeune élève est partagée par bon nombre de personnes au sein de l’école secondaire. À tel point qu’il a récemment été sélectionné, par un comité constitué d’adultes, comme le récipiendaire masculin pour l’école de la médaille du gouverneur général.

« Aujourd’hui, j’ai confiance en moi et je me sens important. Je veux simplement que mes parents soient fiers de moi. Et en plus, si je peux devenir une source d’inspiration pour d’autres élèves en cheminement particulier, j’en serai très heureux », conclut Samuel.