Maxime Drolet
Centre de services scolaire de Laval
Un élève engagé à surmonter ses déficiences physiques et mentale pour obtenir son diplôme et intégrer le marché du travail
Comme pour plusieurs élèves finissants d’une école secondaire, la fin de l’année scolaire actuelle représentera une nouvelle étape dans la vie de Maxime Drolet. Avec en main son diplôme en formation préparatoire au travail et un autre du programme CFER (Centre de formation en entreprise et récupération), le jeune homme de 21 ans amorcera sa vie de travailleur. Une vie active qui n’aurait jamais été possible sans la persévérance de cet élève de l’école secondaire Monseigneur-A.-M.-Parent, dont le parcours a été ponctué de nombreuses embûches liées à une légère déficience intellectuelle, à des problèmes d’audition et de langage ainsi qu’au syndrome de Kleine-Levin.
Avec son rire communicateur, son sens de la répartie et sa bonne humeur inaltérable, Maxime ne passe jamais inaperçu, et ce, tant au sein de sa propre cohorte qu’auprès de presque tous les élèves de l’école. Pourtant, à son arrivée à Monseigneur-A.-M.-Parent il y a sept ans, rien ne laissait présager que le jeune garçon de l’époque allait devenir une figure aussi connue dans cet établissement et même dans son quartier.
« Je me souviens de Maxime au début. Il ne se mêlait à personne, restait dans son coin. Puis, le syndrome de Kleine-Levin, qui se caractérise par un besoin excessif de sommeil, l’a obligé à s’absenter pour de longues périodes. Il a pris du retard, et les relations avec ses pairs et ses enseignants étaient de plus en plus compliquées. Mais il a déployé de nombreux efforts pour sortir de sa coquille, et il y est arrivé », explique Kathleen Gauthier, enseignante de Maxime depuis plusieurs années.
Malgré sa timidité et sa réserve naturelle, Maxime s’est démarqué par son implication dans son programme d’études, mais aussi dans la vie étudiante. D’une part, l’énergie qu’il a acquise dans l’entreprise école de recyclage d’appareils électroniques et d’ordinateurs lui a permis de développer des compétences et des aptitudes qui ont fait de lui un aide-enseignant. Il transmet ses connaissances en démontage d’appareils et dirige de petites équipes de travail.
« Je m’améliore toujours. Je suis un bon travaillant, minutieux et autonome. Je suis aussi très assidu et ponctuel. J’aime aussi ça aider les autres. Le programme CFER m’a beaucoup aidé à être moins gêné », explique Maxime qui, en raison d’un excellent stage dans une entreprise de recyclage de vêtements, devrait y être embauché une fois son année scolaire terminée.
Il est tellement passionné de recyclage et de récupération qu’il lui arrive régulièrement de faire la tournée dans son quartier, le jour des ordures, pour voir s’il n’y a pas des objets qui pourraient être rapatriés au CFER.
D’autre part, son engagement à l’école ne passe pas sous silence. Amoureux du septième art, il a proposé d’organiser une activité de cinéma sur l’heure du midi. Cela lui permet de partager sa passion, mais aussi de donner aux autres élèves de son groupe et de l’école la chance de manger dans le calme. Au cours des différents événements de l’école, il met également ses talents manuels à contribution en participant à la création d’affiches, de maquettes ou de décors. Ces moments partagés avec d’autres élèves sont devenus de véritables moments de bonheur, aussi bien pour lui que pour les autres jeunes qui apprennent ainsi à le connaître.
« Cela fait huit ans que le programme CFER existe à notre école, mais jamais jusqu’à ce jour nous n’avions eu un élève aussi impliqué que Maxime. Il est parti de très loin et à nos yeux, il représente le parfait exemple de ce qu’est une personne persévérante. Nous sommes extrêmement fiers de lui. Tous les gens devraient faire sa connaissance. Ils trouveraient en lui une grande source d’inspiration », fait valoir Chantal Dugas, directrice de la cinquième secondaire et du programme CFER.