Liette Prémont
Centre de services scolaire de Laval
Une enseignante engagée à donner aux jeunes le goût de se réaliser, de créer et de s'ouvrir sur le monde par les arts
En 30 ans de carrière comme enseignante d’arts plastiques, Liette Prémont a vu passer des milliers d’adolescents de tous les styles et de tous les genres. Chaque fois, peu importe ce qui pouvait bien allumer ces jeunes tous aussi différents les uns des autres, l’enseignante de l’école secondaire de la Seigneurie a cherché, à l’aide de son sens de l’humour et de son écoute, à alimenter leurs passions, à les pousser vers la réalisation de soi et à s’ouvrir sur le monde. « Par les arts, j’ai voulu aiguiser leur sens critique. J’aime à penser que mon influence aura renouvelé le regard qu’ils posent sur la vie et sur le monde », indique-t-elle.
C’est avec un sourire en coin que Liette Prémont revient sur ses propres années passées sur les bancs d’école alors qu’elle était adolescente : « Même si j’étais une bonne élève, j’ai détesté mon secondaire. C’est probablement pour ça que dès le début de mes années d’enseignement, j’ai voulu m’impliquer pour dynamiser la vie artistique et culturelle des écoles où j’enseignais. Quand je regarde les passions que j’ai éveillées, je me dis que j’ai tout fait ça pour les bonnes raisons. »
Au fil des ans, elle a piloté mille et un projets afin d’attiser l’intérêt des jeunes pour les arts. Cela pouvait passer de la création d’une corde à linge géante remplie de messages anti-violence à la transformation d’une carcasse de voiture en œuvre d’art pour sensibiliser à la conduite automobile sécuritaire. Elle a également mis sur pied des concours, dont un de graffitis et un autre de photos où elle invitait les jeunes à prendre des portraits de personnes aînées dans leur milieu de vie. Régulièrement, elle a aussi organisé des voyages sous le thème des arts et planifié des visites dans les musées. Chaque fois, elle a simplement voulu transmettre un bagage culturel aux élèves, tant sur le plan historique que sur celui de la technique, afin qu’ils comprennent comment il est possible de s’exprimer par la création.
C’est d’ailleurs dans ce même esprit qu’elle a toujours voulu amener ses élèves à léguer eux aussi un héritage culturel et artistique à leur école. Pour ce faire, il y a quelques années, elle a participé à titre de membre actif du comité culturel de la commission scolaire à la rédaction de la nouvelle politique culturelle. De cette démarche est né le Festi-Arts, qui permet aux jeunes du primaire et du secondaire de présenter leurs œuvres artistiques, musicales ou littéraires à l’occasion d’un grand vernissage annuel. Les œuvres primées s’ajoutent à la collection privée de la commission scolaire.
À plus petite échelle, l’enseignante fait en sorte que les réalisations artistiques de ses élèves viennent égayer, sous différentes manifestations, le quotidien de son établissement. Par exemple, sous sa supervision, les élèves sont invités à transformer des murs de l’école en créations artistiques. Les jeunes peuvent aussi exposer leurs réalisations en fonction de différentes thématiques dans la vitrine des arts.
« J’ai toujours cherché à me réinventer, à innover, à proposer aux élèves des démarches artistiques différentes tout en s’inspirant de notre époque. Aujourd’hui, l’art s’est complètement décloisonné. Auparavant, nous étions confinés à la bibliothèque pour découvrir. Maintenant, avec les nouvelles technologies, l’art est accessible et les élèves en profitent pour aller plus loin et s’ouvrir sur le monde », fait valoir l’enseignante.
D’ailleurs, cette énergie intarissable avec laquelle Liette Prémont a amené les adolescents sur la route de la découverte et de la création a souvent été récompensée par la rétroaction offerte par ces derniers une fois rendus adultes. « Plusieurs sont revenus me voir pour me dire que j’avais allumé chez eux une passion. C’est pour ça que j’exerce encore avec autant de plaisir mon métier », conclut-elle.