Laurie Boilard
Centre de services scolaire de Laval
Une élève engagée à atteindre ses objectifs et à faire son chemin en dépit d'un important déficit de l'attention
Laurie Boilard est un modèle de résilience. Quand on la regarde aujourd’hui, souriante, sûre d’elle-même, engagée dans son milieu scolaire, il est difficile de croire que cette élève de la Polyvalente de Normandin a connu une période sombre. Très sombre. Tous les soirs, au début du secondaire, elle rentrait chez elle la larme à l’œil, épuisée d’avoir donné le meilleur d’elle-même, découragée de ne pas obtenir les résultats escomptés. Jusqu’à ce que l’on comprenne que Laurie doit composer avec un important déficit de l’attention. Constatant sa détresse, une équipe de l’établissement lui a proposé une autre voie vers la réussite : un cheminement en adaptation scolaire. Il y a eu le choc. Puis l’étape de la familiarisation. Cette courte période passée, Laurie a littéralement pris son envol. Elle s’en sort si bien qu’aujourd’hui, elle peut participer à la vitalité de son milieu en représentant les classes d’adaptation scolaire au parlement étudiant. Sa présence au sein des instances et la qualité de son engagement contribuent à bâtir des ponts entre deux mondes : celui du « régulier » et celui des élèves en adaptation scolaire.
« En deuxième secondaire, j’arrivais tous les soirs en pleurant à la maison, se souvient Laurie. J’étais découragée et je ne comprenais pas pourquoi je n’étais pas capable de suivre le rythme comme les autres. Je vivais des échecs scolaires à répétition. Au début de mon troisième secondaire, j’ai frappé un mur scolaire. » Quand on a de la difficulté à se concentrer sur le moment présent et sur la tâche à laquelle on doit s’atteler, difficile de réussir. Pour Laurie, maintenir son attention sur la matière enseignée et sur les travaux à réaliser était un véritable défi. Un crayon qui tombe par terre, un camarade de classe qui parle, un bruit, un imprévu… Tout était susceptible de lui faire perdre le fil. L’idée de quitter les bancs de l’école commençait à poindre dans son esprit.
Elle reconnaît aujourd’hui qu’en lui proposant un cheminement en adaptation scolaire, les membres du personnel de l’école ont visé juste et lui ont permis de rester bien accrochée. « Je dois dire que quand on m’a annoncé que je devais aller en adaptation scolaire, j’étais sous le choc. Je pensais que ce cheminement était réservé aux « rejets »! se souvient-elle. Je ne me trouvais pas bonne. » Laurie a une grande force : elle essaie et elle agit. Dans sa classe d’adaptation scolaire, elle a pu adapter son rythme à ses besoins et adopter des stratégies qui l’aident à mieux se concentrer, comme écouter de la musique lorsqu’elle ressent le besoin de se retrouver dans sa « bulle ». Elle y a découvert de nouvelles façons de composer avec son déficit de l’attention. Elle a surtout constaté qu’elle est capable de réussir. Une douce révélation pour celle qui cumulait les échecs et dont l’estime personnelle en prenait un coup chaque fois.
Avec une confiance renouvelée en ses moyens, Laurie s’est portée volontaire pour siéger au parlement étudiant de la polyvalente. Elle y représente fièrement les classes d’adaptation scolaire. Son objectif? Faire en sorte que ses collègues de classe aient envie, eux aussi, de prendre part aux activités proposées par le parlement et côtoient davantage les élèves du cheminement « normal ». D’ailleurs, cette année, le taux de participation des jeunes du cheminement en adaptation scolaire a battu des records. Laurie n’est pas étrangère à cette grande nouveauté. Tout cela sans compter le volleyball, un sport que Laurie adore et qu’elle avait dû mettre de côté en raison de blessures, mais également par manque de temps. Elle a pu renouer avec cette activité et même accompagner les plus jeunes à titre d’assistante-entraîneur.
L’an prochain, en cinquième secondaire, elle terminera ses principales matières. Plus en maîtrise de ses capacités, confiante en ses chances de réussir, elle s’est fixé un nouvel objectif, un objectif plus ambitieux : suivre à l’éducation des adultes les quelques cours qui lui manqueront pour décrocher son diplôme. Ensuite? « Je veux m’inscrire au Collège d’Alma en production laitière. Est-ce que j’aurais cru pouvoir y arriver au moment où j’ai commencé mon secondaire? Pas vraiment. Maintenant, je sais que je suis capable et que chaque fois que j’atteins un objectif, je peux m’en fixer un autre plus grand. Ça me rend fière. » Nul doute qu’avec sa belle persévérance et la confiance en l’avenir qui l’anime, elle se surprendra à dépasser ses plus grandes espérances.