JEUNE COOP PANO-DÉCO
Centre de services scolaire de Laval
Des élèves engagés à développer leur potentiel d'employabilité en améliorant la signalisation dans les écoles de Laval
Il y a trois ans, lorsque le Centre de qualification professionnelle et d’entrepreneuriat de Laval a fait peau neuve, tant dans son image de marque que dans l’aménagement des lieux, des élèves inscrits au programme Parcours de formation axée sur l’emploi (PFAE) ont rapidement fait remarquer qu’il n’y avait d’identification à la porte d’aucun local de l’école. Saisissant la balle au bond, leurs enseignantes et éducatrices leur ont alors suggéré de remédier eux-mêmes à la situation en fabriquant un système de signalisation qui faciliterait la circulation dans l’école. Une idée toute simple qui a conduit à la création, l’année suivante, de la JEUNE COOP PANO-DÉCO, qui a depuis obtenu des commandes de six écoles primaires de Laval. Et ce n’est qu’un début!
« La qualité du travail de nos jeunes a rapidement été connue dans d’autres écoles, et un contrat est rapidement arrivé. Puis, nous avons présenté le projet lors d’une réunion des directeurs d’écoles primaires de Laval, et c’est à la suite de cela que nous avons obtenu cinq autres mandats. D’ici la fin de la présente année scolaire, nous devrons livrer et installer 300 produits. Ce n’est pas rien », explique l’enseignante Sandra Naoum, l’une des responsables du projet.
Selon les commandes, les jeunes membres de la Coop fabriquent deux types de produits : le babillard installé à la porte de chaque salle de classe au centre duquel se trouve un recouvrement de liège servant à l’affichage, et le cadre plus petit qui sert à identifier les autres locaux où il n’y a pas d’enseignement. Chaque commande est réalisée selon les spécifications des clients concernant les dimensions, les couleurs et le contenu.
Pour bien mesurer l’aspect novateur du projet, il faut comprendre que la destinée de la JEUNE COOP PANO-DÉCO est assurée par 11 élèves âgés de 17 à 21 ans, tous atteints d’un trouble du spectre de l’autisme (TSA). Avant la création de l’entreprise, les concepts de planification et de gestion du marketing, de ressources humaines, de finances et de production étaient des notions complètement absentes du quotidien de ces jeunes. Pourtant, ils assument aujourd’hui avec brio les fonctions qui y sont rattachées.
Directeur du comité de production et responsable de l’installation des panneaux, Frédéric Perron fait valoir les retombées positives que ce projet entrepreneurial a eues sur lui. « Mon principal défi était la communication. Mon poste m’oblige à interagir avec mes collègues, mais aussi avec des adultes dans les écoles où nous installons nos produits. Je me suis beaucoup amélioré dans ce domaine, tout comme du côté de mon autonomie, de ma motivation et de ma persévérance », raconte-t-il.
Les enseignantes responsables confirment les dires de Frédéric. En fait, les résultats positifs du projet se font sentir chez tous les participants. Depuis que l’entreprise a pris forme, elles remarquent une augmentation de la confiance en soi chez les jeunes, une meilleure ouverture à la collaboration et surtout une hausse notable du taux de réussite des stages en entreprise.
« La Coop sert de tremplin pour nos élèves, en leur permettant de mieux intégrer le marché du travail. Comme les commandes sont nombreuses cette année, nous avons même ouvert nos portes à des élèves d’autres programmes qui sont en attente d’un stage. Au total, une vingtaine de jeunes ont été au sein de la Coop et chaque fois, ce sont nos membres qui encadrent et forment les nouveaux participants », indique Christine Dion, l’autre enseignante responsable.
Pour son avenir, la JEUNE COOP PANO-DÉCO voit grand. Bien que le carnet de commandes soit rempli pour cette année, toutes les personnes concernées font valoir qu’il y a encore de la place pour de nouveaux contrats. Bientôt, les jeunes espèrent présenter leur entreprise aux directeurs des écoles secondaires de Laval et ainsi dénicher de nouveaux clients.