Dans l’œil de la panthère
Centre de services scolaire de Laval
Des élèves engagés à soutenir des causes en trouvant des alliés pour propulser leur entreprise
Quand un jeune décide de réaliser son propre projet entrepreneurial, il a besoin de savoir que tout est possible. Il a besoin de sentir que quelqu’un croit suffisamment en son projet pour le suivre dans l’aventure en le soutenant financièrement et en lui offrant de l’accompagnement. L’école secondaire Curé-Hébert l’a bien compris. C’est pourquoi elle a créé le programme Dans l’œil de la panthère – un clin d’œil à la populaire émission télévisée Dans l’œil du dragon -, un levier pour ses élèves désireux de tenter une expérience d’entrepreneuriat. La formule est simple : les participants présentent leur idée à des « panthères », des anges financiers qui déterminent les sommes qu’ils sont prêts à investir pour leur refiler un coup de pouce et qui agissent à titre de mentors pour les aider à atteindre leurs objectifs. Le plus beau dans cette histoire? La majorité des équipes ont opté pour des projets dont les retombées financières vont directement à des causes qui leur tiennent à cœur ou dont la vocation touche le bien-être des personnes. Non seulement ils ont la fibre entrepreneuriale, mais ils ont aussi la fibre… communautaire.
L’entrepreneuriat fait partie de la culture de l’école Curé-Hébert. Entre les murs de cet établissement, les projets se multiplient, les idées foisonnent et les jeunes participent volontiers à ce dynamisme. C’est dans ce contexte que l’initiative Dans l’œil de la panthère a été lancée à l’automne dernier. Les élèves intéressés par le défi devaient peaufiner leur idée, monter un véritable plan d’affaires, réaliser un prototype et le présenter aux panthères, des entrepreneurs de la région chargés de répartir entre les participants une somme de 10 000 $ accordée par la Caisse Desjardins des Cinq-Cantons pour appuyer l’initiative.
Un pitch, comme on dit dans le métier. Un vrai. « Déjà , franchir cette étape, pour les jeunes, c’est une grande réalisation, parce qu’il leur fallait être bien préparés, bien maîtriser leur projet et savoir comment le présenter », explique Valérie Aubut, porte-parole adulte du projet. Au total, neuf équipes sont entrées dans la course, pour un total de 22 jeunes entrepreneurs. Vingt-deux élèves qui ont décidé d’aller de l’avant et de relever les défis que posent la création et la gestion d’une véritable entreprise. Activités parascolaires de soccer, créations artisanales, ateliers de cuisine pour les tout-petits, chasse aux lutins, pots de préparation à biscuits, production et vente de friandises, ateliers de mathématiques pour les élèves du primaire qui connaissent des difficultés… Les participants ne chôment pas et brassent des affaires! « Les élèves doivent se mobiliser, créer un produit ou un service, monter un plan d’affaires, le présenter à des panthères pour obtenir le financement, piloter le projet du tout au tout avec l’aide de leur panthère et choisir un organisme qui bénéficiera de leurs démarches. Il s’agit donc d’une expérience entrepreneuriale authentique, où les élèves s’engagent à faire un monde meilleur », explique madame Aubut.
Les panthères font donc plus qu’injecter de l’argent dans les projets. Elles accompagnent aussi les équipes pour les aider à résoudre les problèmes, à progresser dans leur démarche, à comprendre l’entrepreneuriat… à se faire les griffes, quoi! En orientant et en guidant leurs protégés dans les différentes démarches qu’ils entreprennent, elles leur transmettent un bagage précieux et forgent une relève volontaire et débrouillarde, une relève solide.
« C’est motivant de constater que ces adultes croient en nous, les jeunes, et qu’ils nous font confiance, affirme Héléna Dufour, une participante. Nous sommes fiers de constater que ces gens-là trouvent que notre projet a du sens. Ça nous motive et on travaille fort pour leur montrer qu’ils ont eu raison de nous appuyer. » Un terreau fertile pour de multiples apprentissages, tant sur le plan professionnel que personnel. Les jeunes gagnent en assurance, se découvrent des forces insoupçonnées, déploient leurs talents, acquièrent des connaissances, renforcent leurs valeurs entrepreneuriales et tissent des liens avec leur communauté.
Ce n’est pas tout. Les profits dégagés par les initiatives des jeunes vont directement en soutien à des organismes comme la Fondation du cancer du sein, Leucan, la Fondation Tim Horton pour les enfants, Relais pour la vie et un fonds pour la persévérance scolaire, pour n’en nommer que quelques-uns. En achetant les produits et les services créés de toutes pièces par les équipes, la collectivité encourage des élèves qui font preuve d’une grande volonté et qui n’ont pas peur de se retrousser les manches. En collaborant, jeunes et panthères bâtissent des ponts entre les milieux d’affaires et le milieu scolaire. En versant les sommes recueillies, les participants font rayonner leur école, améliorent la qualité de vie de centaines de personnes et ont le sentiment du devoir accompli. Tout le monde y gagne. Qui dit mieux?