À l’École Polytechnique de Montréal, les étudiants ne se contentent pas de résoudre des équations complexes ou de réaliser des expériences en laboratoire. Depuis plusieurs années, une super équipe de jeunes, sans cesse renouvelée, s’investit à fond au sein de l’organisme Folie Technique, dont la mission est de rendre la science et l’ingénierie accessibles aux jeunes âgés de 9 à 15 ans. Et pour y parvenir, tous les moyens sont bons. C’est ainsi que quatre étudiants ont pris l’initiative de fonder Scientitruc, un journal de vulgarisation scientifique destiné à assurer le lien entre l’organisme et sa clientèle cible tout au long de l’année.

« J’ai été extrêmement impressionné par la qualité et la rigueur qui caractérisent ce journal », s’exclame tout simplement Richard Labib, professeur adjoint au Département de mathématiques et de génie industriel de Polytechnique. « Tout en alliant humour et vulgarisation, poursuit-il, les articles qu’on y retrouve ne peuvent que stimuler l’éveil scientifique des jeunes. De plus, de nombreuses illustrations jalonnent le journal, ce qui en fait un outil pédagogique des plus intéressants et dynamiques. »

Voilà d’ailleurs un des objectifs poursuivis par l’équipe de Scientitruc. Complètement branché sur les sciences, le journal propose des activités à la fois éducatives et stimulantes. Les étudiants et professeurs ayant collaboré à la rédaction ont pris soin d’utiliser un langage et une approche adaptés aux jeunes et à leur niveau de compréhension scientifique. La publication leur permet ainsi de s’initier à différents concepts tout en s’amusant.

« Par ailleurs, le journal peut aussi servir aux enseignants qui souhaitent éveiller leurs élèves à la science puisqu’il propose des démonstrations et vulgarise adéquatement certains principes qui, autrement, demeureraient abstraits », indique fièrement Thanh-Thuy Vo Thang, l’une des fondatrices de Scientitruc.

Le premier numéro de Scientitruc a été tiré à 1 000 exemplaires, tous distribués gratuitement dans 70 écoles de la région montréalaise. Sa parution a été rendue possible grâce à la participation de nombreux bénévoles — auteurs, correcteurs, graphistes et éditeurs — qui ont produit un journal d’allure très professionnelle. « Les éditeurs ont fait preuve de beaucoup de débrouillardise en réussissant à trouver les commanditaires nécessaires pour permettre une impression sur papier journal de qualité et assurer un premier tirage aussi important », commente Richard Labib.

L’engouement généré par ce premier numéro a été tel que les concepteurs du journal ont décidé de le rendre disponible en ligne sur le site de Folie Technique (www.folietechnique.qc.ca). « Des enseignants nous ont même écrit pour savoir s’il existait d’autres parutions de Scientitruc, disant que leurs élèves s’arrachaient les copies disponibles. Pour nous, c’est très gratifiant », affirme Thanh-Thuy Vo Thang.

Chaque année, Folie Technique, l’organisme à l’origine de Scientitruc, rejoint plus de 11 000 jeunes du primaire et du secondaire grâce à ses nombreuses activités : ateliers scientifiques en classe, journées thématiques, visites guidées de l’École Polytechnique et de ses impressionnantes installations.

L’organisme offre aussi, chaque été, un camp de jour scientifique qui accueille quelque 700 jeunes dans les locaux de l’école. Animé par des moniteurs bénévoles — des étudiants de premier cycle dans tous les domaines du génie —, le camp propose aux jeunes des jeux, des expériences et des ateliers à caractère scientifique. Les participants ont ainsi la chance de côtoyer de « grands » scientifiques passionnés, heureux de partager leur amour de la science. Toutefois, comme le camp ne dure qu’une semaine et que le monde des sciences est vaste, les moniteurs ont voulu garder le contact avec les jeunes campeurs tout au long de l’année. C’est ainsi qu’est né le journal de vulgarisation Scientitruc.

« Ce journal est la suite logique de l’excellent travail accompli pour le camp par les étudiants de Polytechnique. Les articles qu’on y retrouve intéressent les jeunes, captent leur attention, éveillent leur curiosité et leur offrent l’occasion d’acquérir de nouvelles connaissances », souligne à son tour Francine Cournoyer, technicienne à l’École Polytechnique de Montréal.

En raison des réactions élogieuses qu’il suscite et des nombreuses possibilités d’engagement qu’il offre aux étudiants de premier cycle, Scientitruc occupera désormais une place importante dans les projets de Folie Technique.