Poly-Russie 2009
Polytechnique Montréal

Des étudiants engagés dans l`étude des processus d`affaires internationaux
« La Russie n`est pas un marché économique en émergence, mais bien en pleine transformation. » Ce constat, lancé par Justin De Lanauze, traduit en quelques mots l`empreinte qu`a laissée auprès d`une vingtaine de futurs ingénieurs du Québec la mission commerciale Poly-Russie 2009, effectuée en mai dernier. Une mission enrichissante qui à plusieurs égards a contribué à briser les clichés nord-américains et a permis aux étudiants de l`École polytechnique de Montréal de revenir avec la certitude qu`il est possible de faire des affaires avec la nouvelle Russie.
« Depuis la chute du régime communiste, la Russie a dû apprendre à vivre avec le capitalisme et la libre entreprise et ça n`a pas toujours été facile. Aujourd`hui, on fait face à une nouvelle génération d`entrepreneurs, plus jeunes et plus ouverts, qui ont appris à vivre avec le nouveau régime. Cela fait toute une différence », assure Justin, avouant avoir consacré au moins une année complète de préparation à ce projet, à raison de 20 à 25 heures par semaine d`engagement.
Pour Poly-Russie 2009, quatre secteurs industriels d’intérêt pour le Québec et la Russie ont été ciblés, soit les mines et métaux, le gaz et le pétrole, l`aéronautique et l`aérospatial, et les nanotechnologies et la biopharmaceutique. Les visites d`industries oeuvrant dans ces secteurs au Québec ont au préalable permis aux étudiants de se faire une idée sur la façon d`avancer et de gérer le développement économique dans ces industries.
« Le choc a été impressionnant », clame Justin à titre de porte-parole de la mission. « On s`est vite rendu compte que les fondements du développement ici et là-bas sont totalement opposés. Ici, alors que nous investissons beaucoup dans la recherche et le développement, il n`en est aucunement question en Russie. Ils veulent investir dans la commercialisation des produits, voir du concret, et vont même jusqu`à financer jusqu`à 90 % des frais d`implantation d`une entreprise étrangère qui souhaiterait amener sa technologie en sol russe. »
Les étudiants ont aussi pu constater, selon les commentaires du porte-parole, que le gouvernement russe pouvait investir d`énormes sommes pour aider des entreprises à jouer un rôle très important. « Le développement économique est vraiment basé sur les gros joueurs et non sur les PME, comme nous le faisons au Québec. La diversification n`est pas non plus dans leurs préoccupations. Ils n`aiment pas le risque et gèrent à court terme. C`est pourquoi ils investissent gros pour que ça lève rapidement. »
Depuis leur mise sur pied en 1989 par les étudiants de l`École polytechnique de Montréal, les missions Poly-Monde ont permis à leurs participants de s`ouvrir sur le monde et d’étudier l`innovation et les processus d`affaires internationaux. Poly-Russie ne fait pas exception à la règle. « Un PDG d`une entreprise québécoise partenaire de notre mission nous a confié qu`avec un tel engagement, nous parvenions à gagner au moins deux ans d`expérience sur notre cheminement professionnel. Je n`ai vraiment pas de peine à y croire. Nous avons élargi nos horizons d`un point de vue technique, économique et surtout social », assure l`étudiant qui espère que les grandes conclusions de leur mémoire, qui sera présenté en novembre 2009, seront reprises par les revues économiques du Québec, donnant ainsi le goût aux entreprises d`ici de vouloir tisser des liens économiques avec la Russie.