Les années 90 ont vu naître un nouveau phénomène : les raves, ces événements où les jeunes, sucettes en bouche, dansent jusqu’aux petites heures du matin, trop souvent sous l’effet de l’ecstasy. Constatant le niveau élevé de consommation de cette substance lors de ces soirées, un étudiant de l’Université de Montréal, Jean-Sébastien Fallu, lui-même raver invétéré, a entrepris de fournir de l’information aux jeunes ravers afin de les rendre plus aptes à faire des choix éclairés lorsqu’ils décident de consommer. Malgré un faible financement, les bénévoles du Groupe de recherche et d’intervention psychosociale (GRIP), qu’il a mis sur pied en 1997, sont parvenus à intervenir dans plus de 80 raves et ont visité une trentaine d’écoles, cégeps, universités et maisons de jeunes. Fournissant aux jeunes de l’information sur les drogues et leurs composantes, les bénévoles écoutent et répondent à leurs questions, en plus de distribuer condoms et bouteilles d’eau. Un peu à l’instar d’Opération Nez-rouge avec l’alcool et des modèles déjà existants aux Pays-Bas, le GRIP ne cherche pas à endiguer la consommation, mais souhaite plutôt en atténuer et en prévenir les conséquences néfastes.