Archimède – Sous-marin à propulsion humaine

Polytechnique Montréal

Engagé à repousser encore plus loin les limites de l’innovation humaine

La légende veut que ce soit le philosophe Archimède qui découvrit que la force de poussée est équivalente au poids du volume d’eau déplacé, et ce, tout simplement en pataugeant dans son bain ! À l’évidence, jamais il n’aurait pu imaginer que deux siècles plus tard, à cause de cela, un sous-marin porterait fièrement son nom… et pourtant.

En 2002, Hugo Molinari-Bégin, Marc-Antoine Brissette et Félix Chénier décident de mettre à profit les différentes connaissances acquises en génie pour concevoir et fabriquer un sous-marin. Jusqu’ici, rien de bien original, sauf que celui-ci devra être propulsé – et c’est là tout le défi – par un humain. Archimède, sous-marin à propulsion humaine, venait de naître. Ainsi, installé à bord de cette torpille en fibre de verre de deux mètres et remplie d’eau lorsqu’immergée, le pilote, respirant grâce à des bouteilles d’air comprimé, devra pédaler afin d’actionner une hélice qui le propulsera à grande vitesse.

Aujourd’hui, à la tête de ce que l’on pourrait appeler sans prétention une firme d’ingénieurs en puissance, Hugo dirige en toute collégialité un groupe de onze futurs ingénieurs de l’École Polytechnique de Montréal. Étudiants en génie mécanique, électrique, informatique et matériaux composites, cette petite équipe, motivée par l’engagement, par le dépassement personnel, mais surtout par la passion, investit tous ses temps libres à appliquer la théorie à la pratique. Le but avoué n’est rien de moins que de battre le record du monde Guinness de vitesse des sous-marins à propulsion humaine, qui est de 7,192 nœuds, soit la vitesse maximale de plusieurs grands cétacés.

Et si le passé est garant de l’avenir, nul doute que l’équipe d’Archimède est à une brasse de réaliser cet exploit. Seule équipe québécoise, elle s’est hissée au premier rang du classement général lors de la compétition internationale des sous-marins à propulsion humaine, le Human Powered Submarine Contest, tenue en Californie en juillet 2006.

Affrontant une douzaine d’universités d’un peu partout dans le monde, l’équipe est montée plus de six fois sur le podium, dont, entre autres, pour la qualité de la présentation, le design, la fabrication, le caractère novateur et, finalement, la rapidité de l’engin et du nageur ! Tous ces honneurs leur donneront rien de moins que le titre de Champions du monde 2006.

Ce résultat et la publicité qui en découla leur permirent d’obtenir une place au JEC Composites Show — salon leader mondial des matériaux composites tenu à Paris chaque année, et où défilent 27 000 personnes devant plus de 900 exposants représentant les principaux acteurs de l’industrie des composites. Plus encore, le sous-marin Archimède fut l’un des trois finalistes dans la catégorie marine, amenant les jurys à souligner particulièrement l’approche technique et l’originalité du prototype.

Malgré tous ces succès, l’équipe travaille constamment à améliorer le sous-marin et le nageur. Un nouveau nez en fibres de kevlar et résine époxy renforcée de nanoparticules, des pièces en carbone pour alléger le submersible, une nouvelle hélice afin d’atteindre une vitesse maximale, et évidemment, un programme d’entraînement physique adapté aux athlètes ne sont que quelques exemples de ce qui attend nos ingénieurs. Et comme ils se plaisent à le dire : là où l’industrie et les compétiteurs piétinent, Archimède plonge tête première !