Un enseignant engagé à  enrichir la culture musicale de sa région en faisant découvrir aux jeunes l'ampleur de leurs talents musicauxUn enseignant engagé à  enrichir la culture musicale de sa région en faisant découvrir aux jeunes l'ampleur de l

Pour Bernard Sénéchal, la musique est une seconde nature. Cet enseignant à  la Polyvalente de Normandin transmet au quotidien sa passion infinie pour la musique. Toute la musique. Celle de toutes les époques et de tous les styles. Depuis près de 30 ans, il partage avec les jeunes un univers rempli de mélodies, de notes, de rythmes et de nuances, et leur donne accès à  la maîtrise d’un instrument. Il les prépare à  des prestations de haut calibre, tant sur la scène locale que sur la scène internationale. À force de persévérance, il est parvenu à  implanter le programme Musique-études, le seul dans la région, et à  le faire reconnaître par le gouvernement. Mise au point du programme, enseignement de nombreux instruments, recrutement et coordination d’enseignants spécialisés, direction de groupes, d’harmonies et d’ensembles, organisation de concerts, recherche de financement… En vrai chef d’orchestre, il s’investit dans toutes les dimensions de l’enseignement de la musique afin de la faire vivre, de la partager, de la diffuser.

Quand monsieur Sénéchal a quitté la région pour poursuivre des études universitaires en musique et en pédagogie, il savait qu’il y reviendrait. Son objectif : enrichir la culture musicale des jeunes du Lac-Saint-Jean et leur donner la chance de découvrir et de déployer leur talent. Il a tenu promesse. À son retour, il a multiplié les engagements pour permettre à  ceux qui le voulaient de développer leurs compétences. Après avoir rejoint l’équipe du personnel enseignant de l’école, il est parvenu à  faire accepter son projet de mise en place d’une concentration en musique au sein de l’établissement. Il aura fallu dix ans pour que l’idée fasse son chemin et mène certains passionnés sur des scènes de niveau international.

Les jeunes de la concentration musique ont en effet eu la chance de participer au très prestigieux Heritage Festival de New York, une compétition internationale où se produisent des orchestres composés de jeunes d’âge scolaire. En 2012, ils ont remporté la mention or dans leur catégorie. Rien de moins. Pour organiser une telle aventure, monsieur Sénéchal, son équipe de professeurs et les jeunes musiciens ont consacré une somme incalculable d’énergie et de travail, et ont enfilé les répétitions pour offrir une prestation d’un degré de difficulté peu commun. Ce fut aussi le cas lors de leur participation au World Strides Heritage Performance de Washington, où ils étaient les seuls représentants du Québec, ainsi qu’au Festival des harmonies et orchestres symphoniques du Québec de Sherbrooke. Partout où ils passent, grâce à  l’enseignement de qualité dont ils bénéficient et aux personnes dévouées qui les accompagnent, les musiciens de la Polyvalente de Normandin remportent les honneurs. « La grande fierté des élèves et l’expérience qu’ils ont vécue me motivent, dit monsieur Sénéchal. À la suite d’une telle expérience, les jeunes sont fiers, ils reviennent avec la preuve qu’ils sont capables de réaliser de grandes choses. »

L’enseignant sait multiplier les occasions : concert avec le Royal 22e Régiment, spectacles de Noël, concerts-bénéfice, prestations offertes lors de portes ouvertes. Pour en arriver à  un tel rayonnement, il se rend disponible, le jour et le soir, la semaine et la fin de semaine. Des élèves veulent aller plus loin dans la maîtrise de leur instrument? Il les aidera à  progresser. Un groupe souhaite présenter une pièce plus difficile ou plus audacieuse? Qu’à  cela ne tienne! On y mettra les efforts nécessaires.

On s’en doute, un tel programme nécessite des ressources humaines aux compétences très précises et des fonds suffisants pour assurer l’accès au plus grand nombre d’élèves. Par l’entremise du comité de La Gaillarde, une harmonie d’adultes qu’il a longtemps dirigée à  titre de chef d’orchestre, monsieur Sénéchal recrute des enseignants qualifiés, des musiciens de talent qui peuvent offrir un éventail de cours de différents instruments. La Gaillarde s’emploie aussi à  trouver des idées pour le financement d’une partie du programme et réussit à  maintenir à  environ 300 $ les frais d’inscription annuels. Dans d’autres villes, un programme équivalent coûte plusieurs centaines, voire des milliers de dollars aux familles.

Qu’en est-il de Bernard Sénéchal, le musicien? À travers l’organisation d’événements, l’enseignement, la coordination d’un programme et la recherche de fonds, arrive-t-il encore à  jouer? « L’été, je retourne à  la pratique du piano et du cor, mes instruments de prédilection, dit-il. Pendant l’année scolaire, ce sont les orchestres, les jeunes que je dirige et leur musique qui sont devenus mon instrument. Pour moi, c’est tout aussi gratifiant. »