Zéro Carbone
Centre de services scolaire de Laval
Des élèves engagés à restreindre l'empreinte écologique de leur collège à l'aide d'un centre de tri et d'un composteur
Entre le vouloir et le pouvoir, une montagne d’obstacles peut parfois s’interposer. Alors, quand des élèves du Collège d’Anjou ont voulu diminuer le plus possible l’empreinte écologique de leur école, ils ont mis en place les bons moyens pour y parvenir. Dans le cadre de leur projet Zéro Carbone, ils ont veillé à l’installation d’un composteur à forte capacité et à la mise en place d’un centre de tri. Résultat : depuis septembre 2014, les élèves ont récupéré et revalorisé plus de 4 000 objets, et ont détourné plus de 1 800 kg de matières organiques des sites d’enfouissement, faisant du même coup passer le nombre de sacs à ordures mis quotidiennement au chemin de 24 à seulement trois ou quatre.
« C’est très valorisant de voir qu’il est possible de changer des comportements et d’améliorer notre impact écologique. Cela a demandé beaucoup de temps pour sensibiliser les gens et leur enseigner comment trier les déchets, mais les résultats sont au rendez-vous », indique Zoé Martin, une élève de 4e secondaire fortement engagée dans le projet.
La particularité du projet est la vitesse à laquelle cette école de plus de 600 élèves est parvenue à atteindre ces résultats plus que surprenants. « Tout a pris forme lorsque nous avons remporté une bourse de 10 000 $ au concours Carbure à l’efficacité, organisé dans le cadre du Jour de la Terre. Cela nous a permis de donner forme au projet Zéro Carbone et d’amorcer les démarches », raconte Geneviève Leclerc, enseignante de science et technologie et responsable adulte du projet.
Comme premier geste, les 25 élèves impliqués dans Zéro Carbone ont mis en pot 500 semences de chêne en janvier 2014. De ce nombre, 170 plants ont été mis en terre, et les jeunes sont à l’affût des occasions pour que les 330 plants restants trouvent une place au soleil. Les écologistes en herbe ont aussi organisé un souper-bénéfice qui leur a permis d’amasser 17 000 $ pour compléter leur montage financier. Grâce à cet argent, ils ont pu faire l’acquisition du composteur et mettre en place le centre de tri, qui sont tous deux opérationnels depuis septembre dernier.
« À partir des 1 800 kg de matières organiques recueillies, nous avons produit 180 kg de compost. Ce compost est pour l’instant entreposé, et nous espérons pouvoir en vendre au printemps. Nous nous en servons aussi pour faire des expériences avec des semis que nous préparons », explique Félix-Antoine Lalande, un élève de 4e secondaire spécialiste du compostage.
Ces semis sont l’ingrédient essentiel du prochain projet de Zéro Carbone. Dès le début du printemps, les élèves espèrent voir être érigée, sur les terrains du collège, une serre qui leur permettra de cultiver, l’année durant, des légumes et des épices qui serviront à la cafétéria de l’école. Ils pourront même y conserver les chênes préalablement mis en pot l’an dernier et ceux de cette année, dont la quantité a été doublée. « Les astres sont bien alignés pour que notre projet de serre voie le jour. Il ne manque que quelques éléments à régler et les travaux pourront s’amorcer. En attendant, les semis ont été mis en terre dans les bacs de croissance à réservoir d’eau fabriqués par les élèves du cours de science et technologie », explique Mme Leclerc.
Comme le succès du projet repose sur la participation constante de l’ensemble des élèves et du personnel du collège, les bénévoles de Zéro Carbone multiplient les tournées des classes et mettent sur pied une semaine de sensibilisation sous le thème « Carbure à l’efficacité ». Cette année, dans le cadre de cette semaine, ils recevront des élèves de 5e année, à qui ils feront vivre une « journée verte ».
« Dans le meilleur des mondes, nous aimerions étendre notre projet à la collectivité environnante. Nous avons une vision d’ensemble et voulons que les gens et les commerces autour profitent de nos installations, de notre composteur. Et si d’autres écoles s’inspirent de notre modèle, ce serait vraiment bien », termine l’enseignante.