Festival international du texte court de Sherbrooke

Université de Sherbrooke

En 2004, Thierno Souleymane Barry quitte sa Guinée natale pour entreprendre un doctorat en droit à l’Université de Sherbrooke. Mais une autre passion l’anime : l’écriture. Inspiré par un festival guinéen auquel il a déjà participé, Les Rencontres poétiques internationales de Conakry, il décide de fonder le Festival international du texte court de Sherbrooke, dont la première édition connaît un franc succès.

Il est primordial de revenir quelques années en arrière pour comprendre les motivations du jeune homme. Membre de l’organisation du festival littéraire africain depuis 2000, il découvre alors le plaisir d’élaborer un tel événement.
« Parce que je voyais que ce genre de festival fonctionnait bien en Afrique, j’ai eu l’idée d’en faire un à Sherbrooke », précise son fondateur.

C’est ainsi que, du 20 au 26 mars dernier, s’est déroulée cette grande première sous le thème « Plumes au vent ». Afin d’attirer les participants, l’instigateur du projet a misé sur un critère particulier : le format court, soit une page à l’écrit ou cinq minutes à l’oral. Ce choix judicieux a procuré à l’événement un rayonnement insoupçonné, attirant plus de 80 auteurs venus des États-Unis, de l’Ontario et de partout au Québec. La scène locale de Sherbrooke y était notamment très bien représentée.

Ce fut une belle occasion pour tous ces artistes de partager leurs savoirs et leurs cultures, et pour la relève, de se faire connaître et de côtoyer des auteurs plus expérimentés. Doté d’un esprit d’initiative aiguisé et d’un amour contagieux pour la littérature, Thierno souhaitait avant tout partager le plaisir des mots, sous toutes leurs formes.

Une place de choix fut donc accordée aux poèmes, aux contes et aux nouvelles dans ce rassemblement culturel qui décloisonne résolument les genres littéraires. Le concours organisé durant le Festival a d’ailleurs connu un franc succès : sur 137 textes reçus — dont 51 textes courts et 86 poèmes — certains provenaient d’aussi loin que la France, la Belgique, l’Afrique du Sud, le Sénégal, le Rwanda et la Guinée.

Le jeune homme a aussi eu la brillante idée de conjuguer la littérature à d’autres formes d’art, telles que la peinture, la musique et le théâtre. Le programme comprenait ainsi plusieurs activités hors de l’ordinaire : ateliers littéraires, lectures publiques théâtrales, récitations de poèmes dans les autobus, expositions et même une bibliothèque ambulante. Cette approche inédite a particulièrement plu aux festivaliers, qui ont pu apprécier la magie des mots dans une grande variété d’œuvres.

Il était aussi essentiel, aux yeux de Thierno, de créer un projet rassembleur. Membre des Plumes de l’ombre, un collectif d’auteurs participant à l’organisation du festival, il a su s’entourer de plus de 65 bénévoles motivés et passionnés. Il a également obtenu l’appui matériel et financier de 35 associations et clubs bien ancrés dans le circuit littéraire régional. Les Éditions du Vent, les Productions Littorale, l’Association des auteures et auteurs des Cantons-de-l’Est et le Conseil de la culture de l’Estrie comptent parmi les généreux partenaires qui ont contribué au succès des différentes activités du festival, la plupart ayant attiré un auditoire inespéré.

Pas moins de 2 500 amateurs de littérature ont ainsi pu déambuler dans les rues animées de Sherbrooke, au cœur des ateliers, conférences et séances de lecture, transformant le centre-ville en véritable carrefour culturel, au plus grand bonheur des commerçants.

Au terme de cette première édition, le Festival international du texte court de Sherbrooke a atteint ses objectifs avec brio. Et le futur s’annonce des plus prometteurs, puisque son fondateur compte bien explorer de nouvelles avenues pour assurer le rayonnement de cette fête littéraire unique. Peut-être une affiliation avec d’autres événements culturels, dans les Cantons-de-l’Est ou ailleurs dans la francophonie?

Pour l’avenir, Thierno Souleymane Barry rêve déjà de bâtir un pont entre son festival et celui de Conakry, qui l’a inspiré à se lancer dans cette belle aventure. Une chose est certaine : il continuera de partager sa passion de l’écriture… et de faire voyager les mots au-delà des frontières.