Amelia C. Clarke
Université McGill

Amelia C. Clarke franchit tout juste le cap de la trentaine, mais elle jouit déjà d’une renommée enviable dans le milieu de l’environnement.
Il faut dire que l’étendue de ses connaissances est aussi vaste que remarquable.
« Mes intérêts sont multidisciplinaires, sinon transdisciplinaires. J’ai consacré mon baccalauréat à la biologie et à l’ingénierie, ma maîtrise aux études environnementales, et je poursuis maintenant un doctorat en management. Des thèmes récurrents se dégagent de ce parcours : la gestion environnementale et le développement durable. Ma thèse actuelle vise à élaborer une stratégie qui relie l’urbanisme, la gestion, la sociologie et l’écologie, avec l’ambition de produire une contribution à la fois théorique et pratique », explique Amelia.
Depuis près de 15 ans, cette jeune femme à l’énergie débordante se dévoue corps et âme à la cause environnementale. Dès ses études de premier cycle, elle devient coprésidente du Caucus jeunesse du Réseau canadien de l’environnement (RCEN). En plus de contribuer à la création de projets novateurs et à la mobilisation de nouvelles sources de financement pour l’organisme, elle coordonne le projet Les Amis des monts Noël, destiné à protéger un joyau naturel du Nouveau-Brunswick. Cinq années d’efforts soutenus mèneront à la création de huit aires protégées dans la province.
« Amelia est très respectée dans le milieu environnemental. Son expertise, son leadership, sa diplomatie et son dévouement sont unanimement reconnus », affirme Chantal Bois, coordonnatrice des caucus nationaux au RCEN.
Ces qualités l’ont amenée à représenter le RCEN dans les délégations canadiennes lors de conférences des Nations Unies. Militante engagée, elle saisit chaque occasion de faire entendre sa voix auprès des instances décisionnelles. « Il est impératif de joindre le geste à la parole en matière de protection de l’environnement », souligne-t-elle.
Depuis plusieurs années, Amelia représente également les organisations non gouvernementales environnementales canadiennes (ONGE) lors de rencontres internationales. En 2002, elle se joint à la délégation gouvernementale canadienne en préparation du Sommet mondial de Johannesburg sur le développement durable.
Résolument tournée vers l’action, la lauréate de l’AVENIR Personnalité 2e et 3e cycles a aussi siégé pendant cinq ans au comité directeur du RCEN, avant d’accéder à la présidence du Caucus des forêts. Et ce n’est pas tout : en 1999, elle fonde la Coalition jeunesse Sierra du Sierra Club du Canada, un organisme de 30 000 membres voué à la préservation de la biodiversité et à la transition vers une économie durable.
En tant que coordonnatrice nationale de la Coalition, elle lance le projet Les Campus durables, un programme dont elle est particulièrement fière. Ce dernier vise à inciter les établissements postsecondaires à adopter des pratiques écologiques concrètes. Grâce à ses efforts, 75 % des universités canadiennes ont pris des engagements en ce sens.
« Amelia est un modèle exceptionnel pour les jeunes activistes – et aussi pour les plus âgés, comme moi! Son énergie, son intelligence et son enthousiasme sont prodigieux. Sa capacité à obtenir des résultats est réellement impressionnante », affirme Elizabeth E. May, directrice générale du Sierra Club du Canada, dont Amelia assure aujourd’hui la présidence.
Malgré un emploi du temps très chargé, Amelia trouve encore le temps de publier. Elle est l’auteure de deux guides de référence en matière environnementale, dont l’un propose une politique favorisant un partenariat intergénérationnel. Elle a également donné de nombreuses conférences au Canada et à l’étranger, portant sur des sujets comme le développement durable, la gestion de l’environnement et la biodiversité.
Et l’année à venir s’annonce tout aussi remplie. Elle représentera de nouveau les ONGE lors du troisième Forum urbain mondial, qui se tiendra à Vancouver en juin 2006. Ce sera l’occasion pour elle de discuter des défis de l’urbanisation avec d’autres experts internationaux. Comme le prédit David Brown, directeur de l’École d’urbanisme de l’Université McGill :
« Si les efforts de cette activiste et théoricienne portent fruit, c’est toute la société qui en bénéficiera. »